mercredi 16 décembre 2009

« Elle m’a dit tant de choses qu’il ne faut pas que je te répète que je ne sais pas par où commencer »

Qu’on se le dise : les Parisiennes de Kiraz ont de quoi agacer : trop minces, trop belles, trop riches et surtout trop futiles. Pourtant, parce qu’elles parlent sans complexe et portent leur futilité comme un maire son écharpe tricolore, ces Parisiennes ne manquent pas, à défaut de nous attendrir, de nous faire rire… Osant affirmer haut et fort être incapables de s’occuper d’autre chose que de leur propre nombril, ces femmes nous énervent par leur égocentrisme sans nous révulser pour autant. Attachantes, elles le sont car elles ont gardé, dans leur corps de femme, la naïveté d’un enfant. Comme le petit Nicolas de Goscinny, hilarant lorsqu’il aborde avec ses yeux d’enfant des questions d’adulte, ces femmes nous font rire par leur manière singulière de valser sur des sujets graves avec insouciance :
« Dommage que je n’ai personne sous la main. Le blanc va si bien avec mon bronzage »
dit l’une d’entre elle devant une vitrine de robe de mariée (voir ci-dessus)…
Comprenez donc ! Les dilemmes qu’elles ont à affronter sont dignes de tragédies cornéliennes :
« Il est honnête, travailleur, dévoué… mais moi je n’aime que les voyous » ou encore :
« Je voudrais trouver un homme riche que je n’épouserai pas pour son argent »
Face à des garçons benêts qu’elles éconduisent sans vergogne, elles aspirent cependant au mariage. Irréelles par leur corps, elles sont conventionnelles dans leur manières de penser :
« Je ne me lasse pas de l’écouter parler : dans chacune de ses phrases, il y a un sujet, un verbe, un compliment »

Immortalisées par les publicités pour le Canderel, ces femmes à la jeunesse éternelle ne sont pas sans rappeler, quelques années plus tard, une version féminine des « snobs » de Boris Vian :
On se réunit avec les amis
Tous les vendredis, pour faire des snobisme-parties
Il y a du coca, on deteste ça
Et du camembert qu'on mange à la petite cuiller
Mon appartement est vraiment charmant
J'me chauffe au diamant, on n'peut rien rêver d'plus fumant
J'avais la télé, mais ça m'ennuyait
Je l'ai r'tournée... d'l'aut' côté c'est passionnant





Les Parisiennes, Kiraz, Paris Musées, 2008

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